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Musique classique et opéra par Classissima

Joseph Haydn

vendredi 2 décembre 2016


Classiquenews.com - Articles

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PARIS, TCE : feux brésiliens par Bruno Procopio

Classiquenews.com - Articles PARIS, TCE. Musique brésilienne à Paris, le 4 décembre 2016. Tubes et musique sacrée : de Villa-Lobos et Jobim à Neukomm. Orchestre associé du TCE Théâtre des Champs-Elysées, l’Orchestre Lamoureux offre un concert de musique brésilienne à la fois éclectique et historique ; au plus large public, le programme dirigé par Bruno Procopio, maestro impetuoso et charismatique, joue des standards brésiliens universels et récents : l’enivrante Bachianas Brasileiras n°5 de Villa-Lobos, Saudades do Brasil de Milhaud, sans omettre, l’irrésistible tube, ambassadeur de l’art de vivre du quartier carioca d’Ipanema, The Girl from Ipanema de Jobim… Mais acuité personnelle du chef Procopio oblige, en liaison avec son amour pour sa culture natale et ce travail particulier dans l’interprétation des partitions classiques et romantiques, plusieurs extraits de la légendaire Missa Pro Die Acclamationes Johannes VI, signé Neukomm. C’est l’emblème de la musique impériale brésilienne, quand le Brésil devenu indépendant, construit son image sur une identité certes occidentale, mais singulière : Neukomm, le Mozart brésilien, a fourni alors à la Cour de l’Empereur du Brésil Jean VI, plusieurs partitions musicales emblématique de cet ordre politique et culturel nouveau dont témoigne évidemment la Messe écrite pour son couronnement et que Bruno Procopio à Paris, s’ingénie début décembre 2016 à ressusciter avec le faste, le souffle et le relief vocal, choral, instrumental requis. Sigismund Neukomm est bien connu des mélomanes car le Sazlbourgeois, élève de Joseph Haydn entreprit de terminer le Requiem de Mozart laissé inachevé (Libera me). La partition autographe datée de 1819 fut découverte récemment à Rio de Janeiro : elle est le fruit du travail de Neukomm installé au Brésil et qui mena son travail de composition avec le plus grand compositeur local, le mulâtre José Mauricio Nunes Garcia. La version du Requiem de Mozart, achevé par Neukomm a été enregistrée par Jean-Claude Malgoire en 2006. MAESTRO IMPETUOSO… Ses admirateurs connaissent l’engagement indéfectible du jeune maestro franco brésilien pour la juste interprétation des compositeurs brésiliens ou des partitions européennes qui recréées au Brésil nécessitent une pratique instrumentale adaptée ; ainsi Bruno Procopio a pu piloter l’interprétation entre autres de nombreux compositeurs occidentaux, tout en dirigeant les orchestres sur instruments modernes : à Caracas, avec l’Orchestre Simon Bolivar ; à Rio surtout, avec un partenariat très important avec l’orchestre Symphonique du Brésil (Marcos Portugal, Gossec, Sacchini, Jadin et Méhul… ces deux derniers à l’honneur d’un nouveau cycle de concerts événements de musique française à Rio, les 4 et 7 octobre 2016 ). A Paris, dans un travail particulièrement attentif avec les instrumentistes de l’Orchestre Lamoureux, Bruno Procopio peut cultiver et transmettre ce qui lui est cher : souci de l’articulation, précision rythmique, résolution des ornements, souffle et transparence de la pâte orchestrale. Le 4 décembre 2016, le TCE à Paris, avec le concours d’un chef charismatique, d’un orchestre trop rare à notre goût dans les salles françaises, un programme événement offre un bain de musique brésilienne, riche et idéalement défendu. PARIS, TCE, Théâtre des Champs Elysées Dimanche 4 décembre 2016, 17h Concert de Musique Brésilienne Brésil populaire, Brésil sacré L’Orchestre Lamoureux au Théâtre des Champs Elysées, orchestre associé Brésil populaire, Brésil sacré Milhaud Saudades do Brasil op. 67 (extraits) Villa-Lobos Bachianas Brasileiras n° 5 pour soprano et huit violoncelles Jobim The Girl from Ipanema Neukomm Missa Solemnis Pro Die Acclamationis Johannis VI Eugénie Lefebvre, soprano Sacha Hatala, mezzo-soprano Mathias Vidal, ténor Arnaud Richard, baryton-basse Chœur philharmonique du Coge (Frédéric Pineau, direction) Orchestre Lamoureux Bruno Procopio, direction RÉSERVEZ VOTRE PLACE Présentation du programme sr le site du TCE / Théâtre des Champs Elysées : Bicentenaire de la Mission Française au Brésil… Il y a 200 ans, en 1816, une mission artistique française est escortée à Rio et œuvre pour l’instauration d’écoles des Beaux-Arts dans cette région du monde. L’Orchestre Lamoureux célèbre ce bicentenaire, sous la direction de Bruno Procopio, avec un concert parcourant les facettes de la musique brésilienne. Nous allons tout d’abord dans les rues, vers un Brésil populaire, avec les Saudades do Brasil que Darius Milhaud écrit comme une suite de danse en hommage aux quartiers de Rio. Puis c’est Villa-Lobos qui touche tous les publics avec les Bachianas Brasileirasn°5, œuvre la plus jouée et enregistrée du compositeur carioca. Enfin, l’Orchestre interprètera The Girl from Ipanema, tube planétaire de Tom Jobim, l’illustre créateur de la Bossa Nova. La deuxième partie du concert nous emmène vers les fastes d’une cour en exode : le Brésil a vu couronner un roi européen au début du XIXe siècle, Dom João VI, cas unique dans l’histoire de l’Europe. Cette acclamation est célébrée par une messe en action de grâces, pour laquelle a été composée la Missa Solemnis pro Die Acclamationis Johannis VI. A 16h : rencontre de 30 mn avec Bruno Procopio Entrée libre sur présentation du billet du concert Production Orchestre Lamoureux CONSULTER aussi le site de l’Orchestre Lamoureux

Carnets sur sol

30 novembre

Winter is coming : après novembre, décembre

Oui, je suis un garçon cultivé, capable de citer les grands opus de la culture populaire. (Je n'ai d'ailleurs aucune idée de la référence précise à l'intérieur du scénario…) 1. Bilan d'octobre-novembre J'avais arrêté le dernier bilan, lors de la précédente notule d'annonce, au 20 octobre. Qu'on ne me dise pas que je n'ai pas été raisonnable : j'ai renoncé à voir le Dichterliebe avec harpe, le partenariat CNSM-Palerme dans Charpentier, des cours public de cor et de direction d'orchestre, le Second Trio de Mendelssohn par mes chouchoutes du Trio Sōra, Leyla McCalla dans son programme violoncellistique haïtien, les extraits d'Ariadne auf Naxos par un des orchestres du CNSM, la Neuvième de Mahler par l'Orchestre de l'Opéra, un bouquet de songs et mélodies par l'excellent ténor Charlesworth (de Lili Boulanger à Lennox Berkeley), une messe inédite d'Henri Frémart, quelques Histoires Sacrées de Bouzignac (atrocement documentées au disque), la reprise de la formidable production de Dido & Æneas venue de Rouen (avec Zaïcik en Didon et Mauillon en Magicienne !), des mélodies françaises accompagnées par Billy Eidi, la Neuvième de Beethoven par le Philharmonique de Strasbourg (et le Chœur de l'Orchestre de Paris), le récital parisien de la folkiste Weyes Blood, la délicate Légende de sainte Cécile de Chausson, le Septuor (pour quatuor et trois voix de femme) de Caplet… Et je m'apprête à m'éloigner du Fidelio HIP de Boyd, des extraordinaires variations sur El Pueblo unido de Frederic Rzewski (sans doute le cycle de variations le plus divers, accessible et complet qui soit !), des intermèdes de LULLY & Charpentier par Correas (avec Lombard & Dumora !), du Requiem de Pizzetti et d'un récital d'histoire du lied par L'Oiseleur des Longchamps. Car, croyez-le ou non, les spectacles ne sont pas la principale occupation des Lutins de céans, il y en a deux ou trois autres avant – et je ne mentionne même les contraintes additionnelles en raison de vilains déserteurs venus prêter main-forte à Qaanaaq pendant la haute saison. J'ai tout de même un peu occupé mon temps de façon avisée. Près d'une quinzaine de soirées depuis le dernier bilan. Il y a un peu de tout. ♥ Des inédits absolus : ♥♥ notamment des mélodies de Roland-Manuel (ami et biographe de Ravel, collaborateur de R. Strauss et Stravinski…) et Henriette Puig-Roget (organiste et accompagnatrice emblématique de l'ère Cluytens, pour faire simple), très belles, où l'on pouvait entendre de formidables jeunes chanteurs ; Cécile Madelin, plusieurs fois distinguées dans ces pages, dans le baroque français ou de le lied ; Edwin Fardini, un baryton-basse au rayonneent extraordinaire ; Brenda Poupard, un mezzo tout rond et délicat, d'un équilibre parfait ; ♥♥ ou bien la Messe d'Innocent Boutry (1661), uniquement donnée par Doulce Mémoire il y a vingt ans, jamais gravée, qui me donnera l'occasion de parler de l'esthétique de la messe musicale en province, au XVIIe siècle (notule minutieusement préparée…), mais aussi du nouvel ensemble spécialiste Le Vaisseau d'or, qui a en six mois d'existence acquis la maturité des plus grands [notule plus vaste en préparation] ; ♥♥ les sonates pour « piano et violon » d'Hérold et Godard, que je n'ai jamais vu passer au disque (ce doit probablement exister, vu la quantité de petits qui documentent la musique de chambre de tous les compositeurs un minimum célèbres) et qui ne sont en tout cas jamais données en concert. Couplées avec le passionnant et saisissant duo d'Alkan, et joués sur instruments d'époque (pianoforte, piano Érard, violons historiques montés en boyaux, diapasons spécifiques), à l'occasion de la soutenance de la thèse de Cécile Kubik sur l'inclusion des pratiques historiques du violon français dans les interprétations d'aujourd'hui. [notule ] ♣ D'autres bizarreries : ♣♣ Le Faune, Jeux et le Sacre du Printemps sur des instruments de facture française du début du XXe siècle, par Les Siècles, avec restitution et/ou inspiration chorégraphique de Nijinsky. Les chorégraphies inspirées ne sont pas très passionnantes (et l'originale plus intéressante que convaincante), mais l'équilibre spécifique des nouveaux, qu'on pourrait croire dérisoire, est réel – il révèle surtout, à cette époque, les progrès de facture (et apporte un surcroît de difficulté d'exécution à des œuvres déjà très exigeantes), mais ça renouvelle l'écoute, d'autant que Roth est un très grand chef capable d'en tirer parti. ♣♣ Lü Bu et Diao Chan, wuju (opéra de l'Ouest de la province du Zhejiang) par l'ensemble officiel chargé de la conservation de ce patrimoine. De l'opéra traditionnel chinois, très proche du kunqu (même instrumentarium, même construction avec dialogues chantants et numéros souples, même harmonie sans modulations, mêmes rythmes standardisés mais insaisissables, mêmes effets dramatiques – percussions de tension, chœur narratif en coulisse…). Simplement un peu plus de suona (hautbois chinois, celui avec le pavillon en métal). L'intrigue de cet opéra-ci est tiré de la matière historico-légendaire qui servit à l'établissement du roman Les Trois Royaumes. Pour les détails sur le genre (plutôt centré sur le kunqu), il existe une section spécifique dans CSS. ♪ De jeunes interprètes, futurs très grands de demain : ♫ Concert de l'ECMA, avec notamment le Trio avec piano Sōra et le Quatuor Bergen. [notule ] ♫ Concert de l'ECMA, avec notamment le Trio avec piano Zadig et le Quatuor Akilone. [notule ] ♫ Concerts au CNSM déjà mentionnés, avec Cécile Madelin, Edwin Fardini et Brenda Poupard. ♫ Clémence Barrabé enfin entendue en salle lors de l'anniversaire de l'ADAMI. (Petite déception en l'occurrence, la voix ne rayonne pas/plus comme je l'avais espéré, l'émission semble moins haute et claire, plus fondue. Mais elle conserve ses extraordinaires [r] uvulaires bien sûr.) ♫ Les Kapsber'girls, quatre à peine vingtenaires qui renouvellent, vraiment, l'approche des premiers airs de cour baroques italiens. Dans un programme autour des villanelles les plus facétieuses de Kapsberger et des saynètes de Merula et Strozzi, elles réactivent le texte (qu'elles racontent et communiquent, vraiment, rien à voir avec les plaintes standardisées qu'on se représente comme l'usage) et redonnent toute sa place aux effets de la rhétorique musicale (parodie de stile concitato chez Strozzi, servi par des passages en voix de poitrine ; mélismes qui ne sont pas décoratifs mais prolongent l'émotion, comme ces [i] guillerets d'ingioisce – « se réjouit » –, etc.). † Du théâtre exotique : †† Père (en réalité, ça se traduirait plutôt Le Père) de Strindberg à la Comédie-Française, mise en scène Depleschin. Très bien, surtout pour du Strindberg : thématique assez ibsenienne de dévoilement, le coup de théâtre et l'évolution psychologique en moins. Ça souffre de la comparaison, certes, mais c'est joliment fait (quoique d'une misogynie, ou plutôt d'une gynophobie assez délirante – une femme peut tenir l'Univers enserré dans ses projets innocemment maléfiques). Je l'ai fait malgré moi, voyez-vous. / C'est quelque chose qui est plus fort que moi. Ce genre de chose. En termes de réalisation, le bruit blanc de cordes frottées, suspendues à la même hauteur pendant 1h30, pour insuffler de la tension, est franchement très pénible dès qu'on se trouve sur les côtés, c'est-à-dire proche de la source d'amplification. Sérieusement, vous n'êtes pas capables de tenir une salle sans ce genre d'expédient ? Sinon, c'était très honnêtement joué, pas forcément varié (entre Kessler et Vuillermoz, forcément…), mais tout à fait opérant. †† Gens de Séoul 1909 de HIRATA Oriza, observation d'une famille de colons japonais. Complètement magnétique pour moi, mais il faut aimer la conversation gratuite. [notule ] †† Gens de Séoul 1919 de HIRATA Oriza. La même chose à dix ans d'écart (avec le début de l'indépendance coréenne), avec des chants en sus ! [compléments de Chris, d'autres à venir par DLM] ♠ Et, parce que je ne suis qu'humain, un peu de glotte et autres sinistres banalités : ♠♠ Sibelius 2 et Tchaïkovski 6 par le Philharmonique de Radio-France et Mikko Franck. Très bien. Sibelius joué très lyrique et discontinu, Tchaïkovski d'une emphase sans ironie. [notules : Tchaïkovski 6 , Sibelius 2 , interprétation ] ♠♠ Les Contes d'Hoffmann dans une édition prétendument Choudens et largement rectifiée par les découvertes (qui ont déjà 40 ans) de Fritz Oeser. Dans la plastique, originale, cohérente, saisissante et spectaculaire mise en scène Carsen, archi-rebattue, mais qui gagne vraiment, comme sa Rusalka, à être vue en salle. Avec Koutcher, Jaho, Aldrich, d'Oustrac, Vargas, R. Tagliavini, Lovighi, Briand, Lis… [deux notules : édition utilisée , interprètes ] ♠♠ Le Requiem de Verdi par Rhorer, avec un plateau enivrant : Vanina Santoni, Alisa Kolosova, Jean-François Borras, Ildebrando D'Arcangelo. Collaboration encore en rodage avec l'ONF (quantité de décalages, pas toujours bien gérés par le chef), qui m'a donné la matière pour beaucoup d'extraits sonores dans de futures notules – ce que c'est que d'accompagner un chanteur, la suite de la couverture vocale, le rapport timbre/projection, etc. Très belle soirée d'ailleurs, j'étais enchanté de réentendre l'œuvre, et aussi bien chantée. ♠♠ Soirée anniversaire de l'ADAMI (organisme de récolte des droits et promotion de jeunes artistes – bon sang, et ils dépensent l'argent de leurs cotisants en réunissants leurs anciens chouchous ?!). Programme assez original d'ailleurs pour ce type de pot-pourri, où j'ai le plaisir d'entendre pour la première fois en vrai Clémence Barrabé, de découvrir l'ampleur de Marc Scoffoni, de réentendre Mathieu Lécroart et quantité d'autres excellents chanteurs ou instrumentistes. Seul le chef, Brian Schembri, était véritablement redoutable – je croyais que c'était un chef dilettante choisi parmi les cadres musiciens de l'ADAMI, mais non, il est le principal chef du principal orchestre maltais, d'après sa biographie. Donc tant pis, pas de pitié, il y en a d'autres qui attendent la place. Ne pas arriver à suivre les chanteurs (pourtant disciplinés) dans de l'opéra XIXe est une chose, mais transformer des Verdi de maturité en fanfare aussi bruyante et vulgaire, c'est assez impressionnant… Sans chef, l'ONF aurait clairement fait mieux. Pour finir novembre, il me reste encore un programme d'airs de Kapsberger, Strozzi & Friends par les Kapsber'girls (avec gambe et guitare baroque, miam), ainsi que l'Iphigénie de Goethe. Je ne peux par ailleurs aller voir Metropolis accompagné par l'improvisation d'Escaich, lundi. Si cela intéresse quelqu'un, le concert étant (pour une fois) complet : voici . [passé et vendu] Bien, à présent que j'ai montré à quel point mes conseils sont géniaux (car c'était un peu mon agenda caché en vous détaillant ma vie ci-dessus), passons à ce qui vous sera peut-être utile : les repérages de décembre ! Nicolas POUSSIN, Le Triomphe des Arts ou la remise des Putti d'incarnat (Musée du Louvre.) 2. Il arrive le petit Décembre, il arrive ! Les petites gourmandises ne cessent pas tout à fait avec décembre. Voici une courte sélection de quelques pépites qui vous ont peut-être échappé. ► Œuvres rares, programmes originaux. ■ L'opéra chinois Le Roi Singe passe à Argenteuil (1er décembre). ■ Motets du milieu du XVIIe : Bertali et Froberger, véritables raretés, salle Turenne, ancien réfectoire des Invalides. Le 12. ■ Sonata da camera de Steffani (dommage, j'aurais tout lâché pour les airs chambristes !), cantate profane de Domenico Scarlatti. J.-Ch. Frisch et son ensemble XVIII-21, avec l'excellente Cyrille Gerstenhaber en soprano. ■ Histoires sacrées de Charpentier par l'ensemble Correspondances (avec Weynants, Richardot, Fa et une petite mise en scène de Huguet), Chapelle Royale de Versailles, le 14. ■ Programme de musique baroque sacrée latino-américaine de la Capella Mediterranea à la Chapelle Royale de Versailles, le 18. ■ Oratorio de Porpora à la Chapelle Royale de Versailles le 3. Beurk, mais il y aura Negri, Staskiewicz, Galou et l'excellent ensemble Les Accents, ce peut permettre de survivre. ■ Un opéra léger de Haydn, La Canterina, par les élèves du CNSM dirigés par Sigiswald Kuijken, avec une mise en scène. Les 9 et 10, également retransmis sur le site du conservatoire. ■ Oratorios de Mendelssohn (Élie) et Schumann (Le Paradis et la Péri) à la Philharmonie, on les entend peu en France. Le premier est peut-être bien le sommet du genre, et une des cîmes de Mendelssohn… Le second est un peu plus dans le reistre d'un Schumann opaque et poli, mais il contient de très belles choses (malgré un livret assez plat, prévisibilité du niveau des Trois petits cochons). ■ Mélodies de Gounod, Thomas et Bizet, airs de Paladilhe et David (et puis Rossini et Offenbach) par Chiara Skerath, le mardi 6 midi au Musée d'Orsay. ■ À l'exception d'une bizarre retransmission en décors (et chanteurs) naturels de France 3 il y a longtemps, la résurrection de L'Île du Rêve de Reynaldo Hahn, premier opéra du compositeur. Pas un chef d'œuvre, mais une très jolie chose, à redécouvrir à l'Athénée dans une très belle distribution francophone du 7 au 11. ■ L'Oiseleur des Longchamps propose un programme « algérien » de mélodies orientalisantes (avec des raretés absolues, parmi lesquelles du Dubois ou du Roland-Manuel), le 14, dans le théâtre byzantin de l'Hôtel de Béhague. ■ Le saisissant Stabat Mater de Szymanowski, l'une de ses œuvres les plus accessibles et les plus intenses, à la cathédrale des Invalides, le 11. Quelle saison, décidément ! ■ Suite des Comédiens de Kabalevski, Quatrième Symphonie de Nielsen par le Philharmonique de Radio-France (avec Vänskä, qui joue bien mieux cette musique que Sibelius !) le 2. ■ Naujalis, Čiurlionis, Eben, Mosolov à la cathédrale des Invalides, le 8. C'est un peu cher et l'acoustique n'est pas bonne hors des premiers rangs, mais le programme est sacrément intriguant. ■ L'ONDIF joue Chávez, Romero et Villa-Lobos à la Cité de la Musique le 13. Pas forcément de la grande musique, mais joué avec enthousiasme comme ce sera vraisemblablement le cas, ce peut être très chouette, parfait pour emmener un novice. ■ La transversale relativement banale Schumann / Kurtág dans la grande salle de répétition de la Philharmonie, le 16. Cette fois non avec les trios, mais avec les Microludes (son quatuor n°2, étrangement le plus joué – je trouve Officium breve, beaucoup plus rare, encore meilleur) et le Troisième Quatuor de Schumann, pour pas cher. ■ El Niño d'Adams, l'une de ses plus belles œuvres (quoique inégale), Nativité composite qui n'avait pas été rejouée en France, me semble-t-il, depuis sa création. Le 11 à la Philharmonie, avec le LSO de surcroît. ■ Deux concerts (gratuits) de musique contemporaine au CNSM, avec du Jarrell (Music for a While le 14 et autre couplage avec Dérive 1 et Leroux le 15). Par l'Ensemble ACJW. ► Interprètes et ensembles parrainés. ■ Pendant toute la première moitié de décembre, du jeudi au samedi, le Quatuor Hanson joue le Septième Quatuor de Beethoven à la salle Cortot (15€, à 20h). ■ Le Quatuor Arod joue à Tremblay-en-France les Quatuors n°13 de Schubert et n°15 de Beethoven (2 décembre, 19h). ■ Marie Perbost en récital à la BPI le 9 décembre (programme assez banal que vous pouvez retrouver dans l'agenda du CNSM ). Moins facile d'accès, elle chantera aussi le 15 au Petit-Palais, à 12h30. ■ L'excellent orchestre amateur (dont on ne peut pas vraiment entendre qu'il l'est…) Ut Cinquième donne, les 1, 3 et 4 décembre, la Septième Symphonie de Bruckner. ■ Blandine Staskiewicz chante des cantates italiennes de Haendel le 7 avec l'ensemble Pulcinella, salle Cortot. ■ Elle n'en a pas besoin, et je crois que tout glottophile digne de ce nom l'aura remarqué : Karita Mattila chante un bouquet de lieder amples au Châtelet (si le programme n'a pas été modifié depuis l'annonce de saison). Wagner, Brahms, R. Strauss et Berg, le 12. ► Cours publics. ■ CNSM : Joaquín Achúcarro (piano) en journée du 5 au 7, de même pour Barthold Kuijken le 15, Quatuor Ébène de 10h à 19h les 13 et 14, et cours de chant le soir avec Valérie Guillorit. ■ Conservatoire de Rueil-Malmaison : déclamation XVIIe siècle, en journée, les 1er et 12 décembre. ■ Rencontre entre Gérard Condé, Claude Abromont et François-Xavier Roth à propos de la Symphonie Fantastique de Berlioz, à la médiathèque Berlioz du CNSM, le 14 à 18h. ► Autres concerts gratuits. ■ L'Orchestre des Lauréats du CNSM (l'orchestre des déjà-diplômés/insérés, de niveau complètement professionnel) joue la Symphonie en ut de Bizet, la Sinfonietta de Britten, la Suite pour cordes de Janáček, dirigé par Jonathan Darlington ! ► Concerts participatifs. ■ Le 4, bal accompagné par l'Orchestre de Chambre de Paris au Centquatre (donc je suppose plutôt informel, pas trop de panique d'avoir revendu tous mes evening jackets et queues-de-pie). ■ Le 16, concert de l'Orchestre de Chambre de Paris où le public est invité à chanter pour les lullabies et carols qui complètent le programme. À la Philharmonie. Je crois qu'il y a des séances de préparation, mais ce doit être sold out depuis longtemps, il vous faudra donc y aller au talent. ► Théâtre. ■ Adaptation de Faust de Goethe au Ranelagh, pendant la seconde moitié du mois. ■ Adaptation de Faulkner à Herblay, le 11. Et plein d'autres choses à n'en pas douter. Si vous êtes curieux de ma sélection personnelle, elle apparaît en couleur dans le planning en fin de notule. Simon VOUET, Putto de CSS s'usant les yeux à la confection de l'agenda officiel (Musée du Louvre.) 3. Expositions Voici le fruit de mon relevé personnel, pas très original (je ne suis qu'un petit garçon pour les expositions, et il me reste tant de lieux permanents à découvrir), mais s'il vous inspire jamais… → Louvre – Bouchardon – 05/12 → Chantilly – Grand Condé – 02/01 → Cartier – Orchestre des Animaux – 08/01 → Custodia – Fragonard-David – 08/01 → École des Beaux-Arts – Pompéi – 13/01 → Orsay – Napoléon III – 15/01 → Petit-Palais – Wilde – 15/01 → Petit-Palais – La Paix – 15/01 → Louvre – Le Tessin – 16/01 → Guimet – Jade – 16/01 → Rodin – L'Enfer – 22/01 → Jacquemart-André – Rembrandt – 23/01 → Fontainebleau – Chambre de Napoléon – 23/01 → Delacroix – Sand – 23/01 → Judaïsme – Schönberg – 29/01 → Invalides – Guerres secrètes – 29/01 → Orangerie – Peinture américaine – 30/01 → Luxembourg – Fantin-Latour – 12/02 → Galliera – Collections – 17/02 → Arts Déco – Bauhaus – 26/02 → Dapper – Afrique – 17/06 → Histoire Naturelle – Ours – 19/06 → Histoire Naturelle – Trésors de la terre – jusqu'en 2018… Ce mois-ci fut très peu aventureux de mon côté : ♦ Bouchardon au Louvre, surtout des dessins préparatoires assez littéraux et quelques bustes qui ne valent pas mieux (muséographie indigente, au passage) ; ♦ la pompe Second Empire à Orsay, d'un goût… Napoléon III, mais la diversité du supports et quelques putti malfaisants méritent le détour ; ♦ collection Le Tessin au Louvre ; quantité de petits bijoux, crayonnés ou peints, figurant un badinage diversement innocent, absolument délicieux pour les amateurs de XVIIIe siècle ; ♦ mini-expos Puig-Roget et Roland-Manuel dans le hall des salles publiques du CNSM. Avec manuscrit de la première biographie de Ravel et carte postale rédigée par celui-ci, pour les plus fétichistes ; ♦ la seconde MacParis de l'année. Trouvé quelques photographes séduisants, mais l'impression de voir toutes les tendances depuis le début du XXe siècle : sous-Malévitch (oui, il y a des losanges blancs sur fond blanc à vendre…), sous-Basquiat, sous-art marxisto-dépressif engagé (tout en insultant le spectateur), poupées malsaines façon sous-Bourgeois, sous-Cartier-Bresson, photographies de ruines en pagaille (j'adore ça, mais on n'est pas exactement à l'avant-garde…), travailleurs de la matière brute, fausses perspectives, dessins avec jeux de mots… tout l'univers de l'art contemporain y passe (à l'exception notable des plasticiens-conceptuels, ce qui n'est pas précisément un mal). Le concept est néanmoins très sympathique : les artistes sont présents et ouverts à la discussion, très simplement, l'entrée est gratuite sur réservation, et on y propose aux visiteurs des crackers et du rouge bas de gamme, rien à voir avec les grandes cérémonies qui coûtent un bras (où les artistes exposés sont davantage dans les esthétiques à la mode et pas forcément meilleurs). Giovanni Battista TIEPOLO, Merveilles vues dans l'agenda de CSS (Musée du Louvre.) 4. Programme synoptique téléchargeable Comme les dernières fois : Les codes couleurs ne vous concernent pas davantage que d'ordinaire, j'ai simplement autre chose à faire que de les retirer de mon relevé personnel, en plus des entrées sur mes réunions professionnelles ou mes complots personnels. Néanmoins, pour plus de clarté : ◊ violet : prévu d'y aller ◊ bleu : souhaite y aller ◊ vert : incertain ◊ **** : place déjà achetée ◊ § : intéressé, mais n'irai probablement pas ◊ ¤ : n'irai pas, noté à titre de documentation ◊ (( : début de série ◊ )) : fin de série ◊ jaune : événement particulier ◊ rouge : à vendre / acheter Les bons soirs, vous pourrez toujours apercevoir mon profil imposant surplomber la plèbe rampante dans les escaliers clairsemés. Cliquez sur l'image pour faire apparaître le calendrier (téléchargeable, d'ailleurs, il suffit d'enregistrer la page html) dans une nouvelle fenêtre, avec tous les détails. Toutes les illustrations picturales de cette notule sont tirées de photographies du Fonds Řaděná pour l'Art Puttien, disponibles sous Licence Creative Commons CC BY 3.0 FR . Non, décidément, avec le planning (et les putti) de CSS, décembre est le mois le plus lumineux de l'année !




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29 novembre

CD, coffret événement, compte rendu critique. HARNONCOURT, The complete Sony recordings (61 cd, 3 dvd, SONY CLASSICAL).

CD, coffret événement, compte rendu critique. HARNONCOURT, The complete Sony recordings (61 cd, 3 dvd, SONY CLASSICAL). C’est l’événement crucial de la planète baroque en 2016 : la perte de l’un de ses plus efficaces et pertinents acteurs, actif depuis plus de 40 ans, défendant non sans raison, la vertu de la pratique historiquement informée et le jeu sur instruments d’époques : autant de moyens et d’éléments pour une vision renouvelée des répertoires et de leur interprétation ; Nikolaus Harnoncourt, penseur et théoricien de la musique (et pas que baroque) a démontré l’intelligence du questionnement permanent ; il a incarné et transmis au final une philosophie et une esthétique appliquées à la musique baroque certes, mais aussi romantique et au-delà. En définitive, le geste de Nikolaus Harnoncourt défend une vision et un art de vivre musical, fondées sur l’analyse critique, la recherche, la comparaison, la confrontation des sources, enfin l’expérimentation instrumentale. Cette approche dynamique contredit en vérité tout le système actuel des orchestres permanents dont les postures et l’usage des seuls instruments modernes posent aujourd’hui problème. Il semble que c’est en France que la leçon de Nikolaus a été la mieux entendue et comprise comme en témoigne l’abondance des orchestres sur instruments anciens, et surtout l’expérience pédagogique – immersion unique en Europe, du JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye, à Saintes : c’est la seule formation digne de ce nom, offrant les fondamentaux associant recherche, analyse, pratique, au sein d’un orchestre école, dirigé le plus souvent, pour ses sessions de musique classique ou romantique, sous la conduite d’un grand chef aguerri. VOIR notre reportage exclusif dédié aux 20 ans du JOA, Saintes HARNONCOURT L’EXPLORATEUR Pour l’heure, en cette période de fête et de cadeaux, SONY classical rend hommage au maestro qui nous a quitté en mars 2016, en récapitulant l’intégralité de sa discographie réalisée sous son label rouge, d’autant plus emblématique qu’il s’agit des ultimes accomplissements, soit un corpus qui subjugue par son ouverture (des répertoires) et aussi sa justesse stylistique (chez Mozart et Beethoven, les deux derniers compositeurs finalement servis et rééclaricis). Qu’avons nous concrètement dans ce coffret événement ? 61 cd, 3 dvd (dont le projet inédit Mission Mozart réalisé avec le pianiste Lang Lang, autre star du label, mais aussi la version de la Flûte enchantée présentée à Salzbourg en 2012 qui avait tant séduit par sa fraicheur bouleversante); des inédits validés par le chef (Cantates 26 et 36 de JS Bach, et Stabat Mater de Dvorak) ; surtout un somptueux « beau-livre », publication grand format, illustré de riches et magnifiques photographies du maestro légendaire au travail (soit un ouvrage spécialement édité par Sony classical de 140 pages. L’éditeur a ajouté les annotations autographes et les commentaires du Maître pour chaque enregistrement, dévoilant les intentions artistiques de chaque programme, sans omettre la publication d’entretiens et de clarifications pilotés par le chef offrant ainsi une synthèse magistrale de son approche des répertoires, des oeuvres, des écritures… Autant de notions qui s’avèrent aujourd’hui primordiales pour comprendre le legs artistique du Maestro. Particulièrement appréciés lors de notre découverte et consultation de cette somme éditoriale et discographique – jalons désormais majeurs d’un travail musicologique de premier plan : les Cantates de JS Bach, cd 1 et 2, ainsi que l’Oratorio de Noël (cd 3 et 4) ; Le Messie de Haendel (cd 7 et 8) ; pour Joseph Haydn : l’opéra Orlando Paladino (cd 9 et 10, bien meilleur que la version quasi contemporaine de René Jacobs, car Harnoncourt y distillle allusivement cette profondeur humaine, la conscience du gouffre, absente chez son confrère) ; les coffrets dédiés aux Symphonies parisiennes (cd 11, 12, 13), les oratorios La Création (cd 14 et 15), Les Saisons (cd 16 et 17) sont également incontournables. Généreusement représenté, Mozart s’impose ici par la richesse de l’interprétation, l’une des plus convaincantes, au concert comme à l’opéra : Symphonies de jeunesse (en tout 10 cd, de 18 à 29, dont chaque avancée orchestrale est mise en parallèle avec le contenu de la correspondance du jeune auteur à son père) ; La Haffner (cd 32) ; surtout la trilogie symphonique ultime : les 39, 40 et 41 que le maestro a réuni désormais en un « oratorio instrumental » (enregistrement CLIC de CLASSIQUENEWS lors de sa parution), les opéras des extrémités de la carrière mozartienne : Zaide (très rare donc apprécié, cd 30 et 31) et La Flûte enchantée déjà mentionnée. De Beethoven, nous distinguons les dernières réalisations du chef, véritable testament intime et spirituel : Symphonies 4 et 5 (cd 39), et dernier enregistrement paru au moment de sa disparition, l’étonnante, bouleversante, crépusculaire Missa Solemnis (cd 40 : les deux titres ont obtenu eux aussi le CLIC de CLASSIQUENEWS en 2016). Parmi les explorations passionnantes d’Harnoncourt hors baroques, et Beethoven, saluons la profondeur de son geste chez Schumann (Das Paradies und die Peri, cd 41 et 42), Bruckner (Symphonies 5 et 9 , cd45 à 48) ; Brahms (Ein Deutsches Requiem, cd 51), et Dvorak (Stabat Mater, inédit d’une tension fraternelle saisissante, cd 52 et 53) ; même sérieux expressionniste, d’une véhémence à peine feutrée, pour ses Bartok (cd 54 : oeuvres orchestrales) et ses fièvreuses et lumineuses valses de Strauss (album intitulé « Walzer revolution », cd 60 et 61 – Harnoncourt aura été le seul à explorer la profondeur cachée de Johann Strauss II : une intuition là encore captivante)… cet énoncé montre l’ampleur de l’exploration discographique. Parmi les textes et contributions du Chef, retenons quelques pages anthologiques, révélatrices de son exigence exploratrice et aussi de son ouverture d’esprit : « réflexions sur l’articulation et l’instrumentation dans l’Oratorio de Noël » de JS BACH ; la musique comme langage, à travers les Symphonies parisiennes de Haydn ; une approche thématique reprise surtout au moment des 3 symphonies dernières de Mozart (« un oratorio instrumental ») ; conversation synthétisée à propos des Symphonies de Beethoven (entretien d’origine réalisé en juin 2015) ; sans omettre les propos retranscris de son approche personnelle de la Missa Solemnis (mai 2015) ; très subjective aussi donc passionnante car argumentée, la compréhension qu’a Harnoncourt du cycle symphonique, Má Vlast de Smetana ; comme sa perception de Porgy and Bess : opéra ou comédie musicale ? Somme capitale, legs bouleversant. Coffret élu CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016 et janvier 2017. ____________________ CD, coffret événement, compte rendu critique. HARNONCOURT, The complete Sony recordings (61 cd, 3 dvd, SONY CLASSICAL).

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28 novembre

Compte rendu, concert. Paris, Philharmonie, 25 novembre 2016. Haydn, Mozart, René Jacobs.

MESSES DE JOSEPH HAYDN. C’est un programme consacré à l‘art vocal sacré que nous a proposé la Philharmonie de Paris ce vendredi 25 novembre, à travers une messe de Haydn suivie du Requiem de Mozart. Les messes de Haydn n’appartiennent pas au répertoire le plus connu du compositeur, dont on joue plus volontiers les oratorios. Et pourtant, il en a écrit 14, dont six pour le prince Nicolas II qui lui en commande une chaque année (entre 1796 et 1802) en l’honneur de son épouse Marie-Hermenegilde. En 1802, épuisé après la composition de son oratorio Les Saisons crée l’année précédente, Haydn trouve malgré tout les ressources nécessaires à l’écriture de cette « Harmoniemesse », qui sera sa dernière. Sa création en fut un succès à l’époque. Mais depuis, elle n’est que rarement donnée en concert et c’est donc avec une certaine curiosité que l’on attend cette première partie. La Messe “Harmoniemesse”, qui suit un découpage des plus traditionnels, débute avec un Kyrie très majestueusement introduit par l’orchestre, bientôt rejoint par le chœur. S’ensuit un Gloria vif et joyeux, dont la partie centrale fait entendre le premier quatuor des solistes. La soprano, Sophie Karthaüser, manque par moments de puissance dans son registre grave. Son attitude sobre, presque froide, tranche nettement avec sa partenaire : l’alto Marie-Claude Chappuis. Celle-ci, très théâtrale, mais au vibrato légèrement chevrotant, semble vivre entièrement chacune des notes, quitte à en faire parfois un peu trop. Du côté des hommes, c’est Johannes Weisser, solide basse, qui tire le mieux son épingle du jeu, alors que le ténor Maximilian Schmitt n’est pas toujours d’une justesse à toute épreuve. Sans pour autant briller par leur interprétation, les solistes ont malgré tout convenablement rempli leur rôle tout au long du concert, trouvant un très bel équilibre entre les voix dans les passages en quatuor. Le petit interlude à l’orgue précédent le Credo nous rappelle que cette messe était destinée à la liturgie plutôt qu’au concert. On aurait apprécié que l’organiste, qui enchaîne les fausses notes de manière éhontée se concentre un peu plus sur les touches de son clavier ! Il saura se rattraper lors de sa deuxième intervention précédant le Sanctus. Tout au long de l’œuvre, le chœur est impeccable, nous gratifiant de très belles nuances, avec une articulation claire et distincte dans les piano, et des crescendos rondement menés. Les tutti attestent d’une véritable osmose entre les voix, tandis que le son tourne agréablement lorsque les pupitres s’échangent la ligne mélodique dans les passages fugués. L’orchestre n’est pas en reste, avec des cordes assurant parfaitement les parties parfois très virtuoses. Le premier violon, énergique, ne ménage pas ses efforts, au point qu’on se demande parfois si ce n’est pas lui qui mène l’orchestre plutôt que le chef en titre, René Jacobs. Peut-être parce que celui-ci garde un peu trop souvent la tête dans la partition cela dit… On regrette seulement que le timbre des bois se fonde dans la masse orchestrale et ne ressorte pas suffisamment. C’est dommage pour une messe intitulée « Harmoniemesse » justement en référence à la présence des instruments d’harmonie. Heureusement, quelques passages leur permettent d’émerger de temps en temps et nous rappeler à leur bon souvenir, notamment dans l’Agnus Dei où les bassons ont l’occasion de briller en un trait pétillant. Sans être très originale, c’est donc une messe charmante et agréable à écouter qui nous a été proposée en première partie de concert. Et comme à son habitude, Haydn s’est amusé à nous ménager quelques surprises, comme le soudain passage en ternaire à la fin du Benedictus ! Qu’APPORTE REELLEMENT CETTE « NOUVELLE VERSION » du REQUIEM de MOZART ? … Vient ensuite le Requiem de Mozart. Nous ne reviendrons pas sur l’histoire de ce requiem inachevé, sur la part de mystère qui l’entoure et qui en a fait un mythe au fil des siècles. Ce soir, René Jacobs nous propose une version retravaillée par Pierre-Henri Dutron, jeune compositeur et orchestrateur contemporain. Certes, les musicologues s’accordent aujourd’hui pour dire que la version achevée de Süssmayer est loin d’être à la hauteur de ce qu’aurait pu être l’œuvre si elle avait été terminée par Mozart lui-même. Malgré tout, cette version est devenue une référence. Est-il besoin de chercher à tout prix à en faire une meilleure ? Dans ce cas, pourquoi ne pas réécrire toutes les pages orchestrales de l’histoire de la musique qui nous paraissent un peu faibles ou maladroites ? Soit, le travail de réorchestration peut être intéressant, mais encore faut-il qu’il soit pertinent. Sans partition à l’appui, il est assez difficile de juger la qualité des arrangements de Dutron. Seul ce que l’on perçoit à l’oreille, et les quelques indications dévoilées dans l’interview de René Jacobs retranscrite dans le programme, nous donnent un aperçu du travail réalisé par le compositeur. Malheureusement, cet aperçu n’est guère convaincant : on note bien ici et là quelques changements dans l’orchestration ou dans la répartition du texte entre les voix, mais sans être à même de juger ce que cela apporte de plus à l’œuvre « originale ». Il ne nous reste donc qu’à faire confiance à René Jacobs, dont l’expérience musicale (et musicologique) peut difficilement être contestée : s’il a choisi de nous présenter cette nouvelle version ce soir, c’est sans doute pour une bonne raison. Reste la question de l’interprétation, pour laquelle il y a matière à discussion encore une fois. Nous avons tous en tête une version de référence de ce Requiem. Cela n’empêche pas d’apprécier d’autres interprétations qui nous apportent souvent un éclairage différent de l’œuvre. Cependant, René Jacobs n’aurait-il pas ce soir pris le tout un peu trop rapidement ? Certes, cela ne manquait pas d’énergie. Mais certains passages, notamment les passages fugués, auraient supporté un tempo plus modéré, permettant à l’auditeur de profiter pleinement des jeux d’échange entre les voix. Cela dit, aussi bien le chœur que l’orchestre ont tenu la cadence du début à la fin. Un concert original donc, avec une agréable plongée dans le répertoire méconnu de Haydn, et une version inédite du Requiem de Mozart, qui continue, même après plus de deux siècles, à faire couler beaucoup d’encre. Et si cet arrangement de Pierre-Henri Dutron n’aura pas convaincu tous les auditeurs dans la salle, à chacun de se faire son opinion sur le sujet (notons que le concert est disponible en intégralité pendant six mois sur le site live.philharmoniedeparis.fr). ________________________ Compte rendu. Paris, Philharmonie, Grande salle – Pierre Boulez, 25 novembre 2016. Joseph Haydn (1732-1809): Messe en si bémol majeur Hob. XXII. 14 ”Harmoniemesse”, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem en ré mineur K. 626, René Jacobs, Freiberger Barockorchester, RIAS Kammerchor, Sophie Karthaüser (soprano), Marie-Claude Chappuis (alto), Maximilian Schmitt (ténor), Johannes Weisser (basse).



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23 novembre

Dossier cadeaux de NOËL 2016 : nos meilleurs cd, dvd, livres à offrir et à partager

Dossier cadeaux de NOËL 2016 : nos meilleurs cd, dvd, livres à offrir et à partager. Quels titres édités pendant l’année 2016 ou plus récemment sont-ils absolument à offrir et à partager ? La Rédaction de classiquenews a sélectionné le meilleur pour des instants hautement musicaux… Et là encore, notre label “CLIC” de CLASSIQUENEWS distingue l’exceptionnel parmi la multitude d’éditions… Consultez ce dossier régulièrement d’ici les fêtes de fin d’année 2016 : nous actualisons notre sélection au fur et à mesure des titres reçus et distingués. COFFRETS événements : nos valeurs sûres CD, coffret événement, annonce. SHAPING THE CENTURY, VOL. 1 — série “20 C” (28 cd Decca / Deutsche Grammophon)… CLASSIQUES DU XXè siècle : la série « 20 C » (pour XX century), nouvelle collection dédiée aux modernité du siècle passé… Decca et Deutsche Grammophon nous offrent ici certains de leur meilleurs enregistrements pour constituer une manière de somme magistrale récapitulant l’histoire musicale du XXè siècle, en sélectionnant les compositeurs et les oeuvres qui depuis 1900, et jusqu’à 1949 – pour ce premier opus qui souhaitons le soit complété par un autre coffret complémentaire-, ont marqué esthétiquement l’histoire musicale occidentale, européenne et américaine. LIRE notre présentation complète du coffret Shaping the century vol1: 1900-1949 COFFRET événement, annonce : La nouvelle édition Mozart 2016 / Mozart : The New complete édition — 200 cd Deutsche Grammophon. Pour les 225 ans du divin Wolfgang… Voilà un coffret éditorialement somptueux qui mérite absolument qu’on s’ arrête (prochaine grande critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews). A l’heure où la Philharmonie et Fayard célèbrent le génie de Beethoven, il est bon de rappeler ici les mots si justes et visionnaire du Comte Waldstein à l’endroit de Ludwig van justement : Beethoven n’eut de cesse de recueillir et approfondir l’enseignementmusical et esthétique des deux Viennois qui l‘ont précédé et Waldstein de déclarer à l’adresse de Beethoven son protégé arrivé de Bonn à Vienne, et pour l’encourager par cette formule sublime : « Grâce à votre effort, vous recevez des mains de Haydn, l’esprit de Mozart ». On ne peut mieux rappeler la filiation géniale qui les tient tous les trois, chacun selon son tempérament. En LIRE + LIVRES & BEAUX-LIVRES BEAUX LIVRES, compte rendu. Leon Baskt. Catalogue de l’exposition, “BAKST, des Ballets russes à la Haute Couture, à Paris, Bibliothèque musée du Palais Garnier (Editions Albin Michel). 10 chapitres passionnants éclairent la vision personnelle du plasticien Léon Bakst, celle des arts à l’épreuve de la scène. « La Leçon russe » (pour ses origines et sa formation, comme sa culture native) ; « Scène et modernité », puis « L’archaïsme dans la pensée de Bakst » (s’agissant du théoricien de l’avenir), « La référence des poètes et des écrivains » (car l’artiste fut admiré unanimement par ses pairs littéraires, de Proust à Cocteau…), « la mondanité », « les arts décoratifs », « la théâtre de la mode », jusqu’aux « avant-gardes » et au « cinéma »… rien n’est écarté à propos d’un créateur qui aura marqué durablement le spectacle en France dans les années 1910 (avec Diaghilev), puis dans les années 1920, quand il a rompu avec l’impossible et presque pervers fondateur des Ballets Russes, devenant le conseiller artistique du directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché. En fin de publication, une « chronologie sélective » permet de rétablir le contexte des créations et ballets réalisés dans la continuité de sa naissance en 1901 à sa mort en 1924. Parmi les révélations captivantes des textes, percent la coopération de Bakst pour l’Opéra de Paris, et aussi sa fidélité à une protectrice engagée comme lui par sa passion de la danse, Ida Rubinstein (dont Bakst a laissé un sublime dessin de dos,- sanguine de 1916, double-page 156-157, reproduit dans l’ouvrage). En LIRE + LIVRES événement. Compte rendu critique. Bernard Fournier : Le génie de Beethoven (Fayard). On connaît bien Bernard Fournier, esprit clair et pensée synthétique pour avoir écrit chez Fayard une formidable « Histoire du quatuor à cordes » (Fayard, 4 volumes, 1999-2010) et aussi un « panorama » du même genre musical. En une érudition qui sait établir des jalons clairs favorables à l’explication et à la compréhension des styles et des manières, l’auteur illustre pour nous le meilleur courant musicologique actuel : ni conceptuel vaseux, ni trop schématique à force de clarification. D’autant plus opportun au moment de la grande rétrospective « le mythe Beethoven » proposée actuellement à la Philharmonie de Paris (jusqu’au 29 janvier 2017), voici un ouvrage modèle qui offrant la meilleure réflexion actuelle, large, généreuse sur Beethoven, choisit de l’expliquer avec la clarté de la passion libre. C’est un mélomane habitué des grands compositeurs et du répertoire classique et romantique ; son expérience de l’écoute et une analyse régulière des partitions, lui permettent d’établir des thématiques qui interrogent en profondeur toute la musique composée par Ludwig van, traversant tous les genres et les restituant dans leurs enjeux, et leurs liens profonds avec la vie du compositeur et son époque. En LIRE + 10 CD à offrir les yeux fermés : pour surprendre et se délecter… CLERAMBAULT REINVENTÉ … dans un nouveau disque d’inédits à paraître le 21 octobre prochain chez Paraty, le nouvel ensemble français sur instruments anciens, Sébastien de Brossard dévoile tout un pan du patrimoine musical français du XVIII ème dont on s’étonne qu’aucune institution d’importance en France et même les plus spécialisées n’aît pas eu l’idée préalable de s’y intéresser; voilà un Clerambault somptueux et dramatiquement inédit dont le raffinement et les audaces comme les difficultés d’écriture posent des jalons décisifs entre Lully et Rameau. L’organiste Fabien Armengaud se passionne pour l’éloquence des Baroques français. Avec son Ensemble Sébastien de Brossard, le chef éclaire un pan méconnu et pourtant jubilatoire de la musique sacrée au début du XVIII ème siècle, celle de Clérambault dont ici les partitions pour 3 voix d’hommes sont dévoilées à leur juste format. On ne s’étonne pas de la part de l’auteur de la cantate La muse de l’opéra que le cycle choisi, éblouisse par un sens exceptionnel du texte, par l’intelligence et le raffinement de son traitement dramatique. Le Passage de La mer Rouge ou la tempête du Motet évoquant la bataille de Lépante (1571), victoire écrasante de la sainte ligue catholique contre les turcs musulmans, en témoignent ainsi particulièrement, exposant et articulant comme rarement le texte en plusieurs tableaux d’une très rare intensité expressive. En somme, monsieur Clérambault, à l’église, fait de l’opéra. En LIRE + CD, compte rendu critique. MOZART : L’idéal maçonnique (Adagio, Nocturnes, Divertimenti / 1 cd KLARTHE). Superbe programme et magistralement interprété par un collectif de « anches » suaves, mordantes, inspirées par le sujet du Mozart maçonnique. Contrairement à de solides préjugés, Mozart jusqu’à la fin de sa vie fut estimé, entouré, apprécié, parfaitement intégré aux milieux viennois les plus actifs (et le plus influents) dont les loges maçonniques, même si sous le règne de l’Empereur Joseph II (édit de 1785), un remaniement important se fit jour à Vienne dans l’organisation et le nombre officiel maximum de loges (3) dans la Capitale impériale. En LIRE + CD, opéra événement, compte rendu critique. LE MOZART CARNASSIER, ERUPTIF de CURRENTZIS. Don Giovanni de Mozart par Teodor Currentzis achève la trilogie en provenance de l’Opéra Tchaikovsky de Perm (Russie), dont le chef est directeur musical. Pari réussi pour cette nouvelle gravure qui saisit par son éloquence subtile des nuances, sa fougue générale, la caractérisation très fine des personnages, le jeu en clair)obscur parfaitement maîtrisé du chef, en particulier dans la continuité du cd3 (lire ci après). C’est la réalisation lyrique la plus attendue de cette fin 2016 : achevant leur trilogie Da Ponte / Mozart, Teodor Currentzis et les instrumentistes de son ensemble « MusicAeterna » redoublent ici de nuances expressives et d’engagement d’une exceptionnelle tenue. Sur un diapason incisif, angulaire à 430 hz, le chef grec livre dans cet enregistrement réalisé à l’Opéra Tchaikovsky de Perm en décembre 2015, soit il y a déjà une année, l’accomplissement le mieux affiné de son cycle mozartien. Tempis fouettés, d’une trempe vorace, carnassière (à la mesure du désir permanent, instinctif, primaire, irrépressible de Don Giovanni, séducteur / félin / prédateur),… En LIRE + CD, événement. Compte rendu critique. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Le théâtre musical de Telemann. Les Masques. Olivier Fortin, direction (1 cd Alpha). En préambule à l’année Telemann (LIRE notre dossier spécial Telemann : 2017, 250 ans de la mort de Telemann), voici un excellent disque qui révèle le raffinement dramatique du compositeur baroque, et simultanément le geste toute sensualité, souplesse, élégance de superbe instrumentistes sur boyaux d’époque, l’Ensemble Masques, réunis autour du claveciniste Olivier Fortin. Rien ne laisse supposer cette peinture flamboyante des passions de l’âme qui s’offre à nous ici, dans une intensité réfléchie, juste, filigranée, d’une fulgurante d’intonation… réellement éblouissante : le son des Masques est remarquable de grâce naturelle, d’expressivité nuancé, de pudeur onirique… En LIRE + CD, compte rendu critique. Jean-Sébastien Bach : Actus tragicus — 4 cantates BWV 106, 150, 131, 12. Vox Luminis. Lionel Meunier (1 cd Alpha, 2016). INCISE et FERVEUR : VOX LUMINIS A SON MEILLEUR. D’emblée l’opulence de la sonorité, à la fois ample et charnue captive : elle permet que s’installe large et profond, – et sur un tapis instrumental des plus resserré, « essentiel » (orgue et 2 violes de gambe), le duo sublime des deux flûtes dont la tendresse dialoguée ne doit pas cacher la symbolique des deux corps creux laissant passer le souffle : la mort dans la vie. Dans la Messe en si, à l’extrémité de la carrière de Jean-Sébastien, l’auditeur saisi saura retrouver la magie à la fois proche, fraternelle et fervente des deux voix ainsi appareillées. La BWV 106, même conçue par un tout jeune compositeur (de 22 ans), affirme une étonnante vision existentielle, – mûre, au questionnement fondamental : Lionel Meunier (qui joue l’une des deux flûtes, insufflant très probablement la juste respiration à ses partenaires) et son fabuleux collectif (instrumentistes et chanteurs), jouent sur la clarté précise de toutes les lignes contrepointées, agissantes en un saisissant théâtre de la foi : à la fois, recueilli et conscient de la mort, et aussi formidablement caractérisé. Le baryton basse fondateur de Vox Luminis sait à nouveau convaincre par une maîtrise qui allie éloquence du discours et incarnation très juste et nuancée de la musique de Bach… En LIRE + CD événement, compte rendu critique. HOMAGES : Benjamin Grosvenor, piano (1 cd Decca). Les Liszt et Franck sublimés du pianiste Benjamin Grosvenor. D’emblée, nous savions qu’à la seule lecture du programme et la très subtile articulation des enchaînements comme des compositeurs ainsi sélectionnés, nous tenions là mieux qu’une confirmation artistique … : un accomplissement majeur s’agissant du pianiste britannique le plus exceptionnel qui soit actuellement et qui en est déjà à son 4è récital discographique pour Decca. Benjamin Grosvenor, parmi la jeune colonie de pianistes élus par Deutsche Grammophon et Decca (Daniil Trifonov, Alice Sara Ott, Yuja Wang… sans omettre les plus fugaces ou plus récents: Elizabeth Joy-Roe, ambassadrice de rêve pour Field chez Decca , ou surtout Seong Jin Cho, dernier lauréat du Concours Chopin de Varsovie…), fait figure à part d’une somptueuse maturité interprétative qui illumine de l’intérieur en particulier ses Liszt et ses Franck. En LIRE + 5 DVD événements DVD, compte rendu critique. Rachmaninov Troika : Aleko, Le Chevalier ladre, Francesca da Rimini (2 dvd Bel Air Classiques). Connaissez vous le Rachma lyrique ? « Aleko » (1893), « Le Chevalier avare » et « Francesca da Rimini » (créés en 1906) sont les trois seuls opéras achevés par Sergei Rachmaninov. Ils sont réunis ici dans une production signé visuellement et théâtralement de Kirsten Dehlholm, avec le concours du collectif d’arts visuels Hotel Pro Forma sous le titre « Rachmaninov Troïka ». Bruxelles, juin 2015. La Monnaie affiche les 3 opéras achevés du jeune Rachmaninov : jeune génie adulé par Tchaikovski, d’une inspiration tragique, noire, pouchkinienne, où l’orchestre davantage que les solistes et le choeur (très présent dans les trois volets ainsi réunis en triptyque, surtout dans Francesca, pour l’évocation des enfers et des âmes maudites errant dans le 2ème cercle), est le vrai protagoniste de la performance. Alors en travaux le théâtre lyrique bruxellois se la joue “hors les murs”, ainsi pour les 3 ouvrages de Rachma, la performance du triptyque a lieu au Théâtre national de Bruxelles. En LIRE + DVD. Einstein on the Beach (Châtelet, 2014). Glass, Wilson, Childs. The Lucinda Childs Dance Company, The Philip Glass ensemble. Enregistré au Théâtre du Châtelet à Paris, en janvier 2014; 2 dvd OPUS ARTE BD7173 D. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016. Créé le 25 juillet 1976 à l’Opéra-Théâtre d’Avignon dans le cadre du Festival, l’opéra Einstein on the beach, malgré son sujet, – scientifique-, reste un jalon majeur de l’écriture moderne au XXè siècle, touchant par son originalité formelle et sa grande invention visuelle. Un ovni onirique sans équivalent alors. Une certaine élite artistique américaine, réunissant comme un art total à la façon des Ballets Russes au début du siècle : danse (Childs), musique (Glass), dramaturgie, mise en scène, décors (Wilson), s’imposait alors sur la scène internationale après leur consécration française en Avignon. Opéra en quatre actes, Einstein on the beach renaissait ainsi dans les années 2010, par ses trois concepteurs re sollicités (surtout la chorégraphe Lucinda Childs invitée à écrire de nouveaux ballets) pour une nouvelle tournée américaine puis européenne passant par Montpellier (2012), puis Paris (comme ici au Châtelet en janvier 2014 où a été réalisé la captation vidéo). En LIRE + DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014). Anna Netrebko incarne une Lady Macbeth très convaincante. Dans son album Deutsche Grammophon édité en 2013 (Verdi album), Anna Netrebko chantait les tiraillements amoureux (Leonora) et les ambitions meurtrières (Lady Mabeth) des héroïnes qu’elle allait ensuite incarner sur scène. Programme prémonitoire en réalité, le cd événement faisait donc office de feuille de route pour la cantatrice actrice. De fait elle a chanté dans la foulée de cet album important Leonora du Trouvère (à Berlin et Salzbourg), puis Lady Macbeth … Voici la fameuse production shakespearienne captée en 2014 au Metropolitan Opera de New York. Les grands événements lyriques de la planète savent faire un tapage médiatique d’autant plus légitime quand il s’agit de prises de rôle attendues et réussies. Dans le cas de la soprano incandescente Anna Netrebko, contre l’avis de certains qui annonçaient une débâcle car elle n’avait pas la voix suffisante, le pari est relevé ; les attentes, couronnées de délices. En LIRE +

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22 novembre

Eaux Musicales et Baroques à Lille

LILLE. Les 24 et 26 novembre 2016. L’ONL joue Water Music de Handel. La Tamise à Lille… En s’offrant un bain orchestral, l’Orchestre national de Lille se frotte aux sonorités et timbres baroques sous la conduite du chef invité, le néerlandais, Jan William de Vriend dont la grande expérience des instruments d’époque (il a sa propre série de concerts baroques au Concertgebouw d’Amsterdam) apporte à la phalange lilloise, un nouveau baptême prometteur. Le maestro dont c’est la première coopération avec l’ONL, est invité d’ailleurs à poursuivre cette exploration du jeu historiquement informé à travers de nombreuses sessions qui prolongeront ce Water Music initial. La Water Music, ou «musique sur l’eau» fut composée par Haendel pour une fête sur la Tamise en l’honneur du Roi Georges 1er qui eut lieu le 17 juillet 1717. Performance d’un seul tenant, en plein air et dans des circonstances pour le moins atypiques, Water Music est un défi instrumental mais aussi acoustique ; en outre la diversité des danses combinées par Haendel exige des interprètes, une solide faculté pour la finesse, la volubilité, la caractérisation. A l’origine, renouvelant le principe même du divertissement royal, Haendel réalise un sommet du genre. Par une belle soirée d’été, des embarcations richement ornées, où embarquent lords et ladies et un orchestre de 50 musiciens jouant à bord d’une immense nef aménagée spécialement pour l’occasion. A Lille, Jan Willem de Vriend, pilote les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille, joue l’intégrale des 3 suites : la suite en fa (la plus connue) dite aussi «suite pour cor» qui est la plus longue avec ses 10 mouvements. Elle fait alterner mouvements mélancoliques (en Ré mineur) et mouvements enjoués (en Fa Majeur). Haendel y intègre entre autres des standards de l’époque : notamment une Ouverture à la française aux accents dramatiques, trois incontournables Menuets et une célèbre Hornpipe. Cette dernière est une danse anglaise, vive et basée sur un rythme à 3 temps qui tire son nom de la cornemuse (Hornpipe en anglais). Ce sont donc les hautbois et les cors qui mènent la danse ici. La 2ème suite, en Ré Majeur dite «suite pour trompette» est brillante, solennelle, éminemment royale! Les deux trompettes doublées rythmiquement par les timbales redoublent d’expressivité. Elle reprend la Hornpipe de la première suite mais cette fois-ci ce sont les trompettes (à la place des hautbois) qui répondent aux cors. On peut supposer que la 3ème suite ou suite en sol est une «musique de table». Elle fut vraisemblablement donnée pendant le repas du Roi, invité dans le manoir de son ami Lord Ranelagh. D’une sonorité douce et intime, elle fait appel uniquement aux cordes et aux flûtes, sachant aussi inclure, plus vivaces, un Rigaudon et une Gigue palpitants et endiablés… BEETHOVEN Coriolan, ouverture HAYDN Symphonie concertante, pour violon, violoncelle, hautbois et basson HAENDEL Water Music Solistes de l’Orchestre National de Lille Violon, Fernand Iaciu / Violoncelle, Jean-Michel Moulin / Hautbois, Cyril Ciabaud / Basson, Jean-Nicolas Hoebeke Jan Willem de Vriend, direction LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle Jeudi 24 novembre 2016 à 20h Samedi 26 novembre 2016 à 18h30 RESERVEZ VOTRE PLACE Tarifs de 5 à 50€ Billetterie et renseignements : 03 20 12 82 40 www.onlille.com ____________________ EN RÉGION : BARLIN, Espace Cuturel Vendredi 25 novembre 2016 à 20h Fiche concert sur : http://www.onlille.com/event/20168-water-music-beethoven/ ____________ Autour du concert : Leçon de Musique Jeudi 24 novembre 19h Avec Yann Robin, compositeur en résidence « L’eau, le feu : de quelques éléments et de leur traduction en musique » — Planète Orchestre : Histoire d’Eau Samedi 26 novembre, à 17h Déambulation dans les espaces du Nouveau Siècle • Récital de percussions avec les musiciens de l’ONL autour de Rain Tree de Takemitsu – Romain Robine, AÏko Miyamoto, Christophe Maréchal • Installations aquariophoniques de Thierry Madiot, musicien et artiste sonore

Joseph Haydn
(1732 – 1809)

Joseph Haydn (31 mars 1732 - 31 mai 1809), est un compositeur autrichien. Il incarne le classicisme viennois au même titre que Mozart et Beethoven, les trois compositeurs étant regroupés par la postérité sous le vocable de « trinité ». La carrière musicale de Joseph Haydn couvre toute la période allant de la fin du baroque aux débuts du romantisme. Il est à la fois le pont et le moteur qui a permis à cette évolution de s'accomplir. L'image du « papa Haydn » ne vient pas des titres de « père de la symphonie » ou « père du quatuor à cordes » généreusement décernés au XIXe siècle et même de nos jours. La création de ces genres relève d'une genèse un peu plus complexe, mais Haydn a très largement contribué à leur émergence et leur consolidation. Deux de ses frères furent également des musiciens : Michael (1737-1806) également compositeur et collègue de Mozart à Salzbourg, et Johann Evangelist (1743-1805), ténor.



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