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Musique classique et opéra par Classissima

Joseph Haydn

mercredi 29 juin 2016


Classiquenews.com - Articles

26 juin

CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd)

Classiquenews.com - Articles CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd). Voilà 40 ans déjà que les Emerson traverse pays et répertoire, affirmant une cohésion sonore et expressive d’une indiscutable force. Fondé à New York en 1976, les quatre instrumentistes à cordes (David Finckel, Eugene Drucker, Lawrence Dutton, Philip Setzer, Paul Watkins, Guillermo Figueroa) ont pu approfondir une complicité et une écoute rares que leurs enregistrements majoritairement pour DG – prestigieux label jaune-, éclaire, dévoilant une diversité curieuse, et pourtant une unité et une logique qui fondent aujourd’hui comme rétrospectivement l’intelligence de leur démarche : servir les auteurs du XXè à partir d’une souplesse tous azimuts forgée et ciselée dans l’apprentissage des auteurs romantiques germaniques, slaves et russes. La particularité des Emerson revient aux deux violonistes qui alternent selon les cycles et les répertoires la place de premier violon. Leur performance en 2010 entre autres, lors de la Biennale de Quatuors à cordes qui invite à Paris à la Philharmonie les meilleures phalanges chambristes du genre, ont affirmé un pureté de son subjuguante au service des compositeurs abordés : en majorité, non pas les grands classiques viennois : – même s’ils jouent les 7 dernières Paroles du Christ de Haydn et la « rafraîchissant » verve du n°77, Mozart (les 6 Quatuors dédiés à Haydn) et Beethoven (intégrale ici en 5 cd, 21-27)-, mais plutôt les « classiques » modernes, ceux du XXème siècle qui ont fait le coeur le plus palpitant de leur vaste répertoire : Bartok (les 6 Quatuors dont « Lettres intimes »), incontestablement Dvorak (dont aussi les pièces avec piano), surtout les russes dont évidemment l’intégrale des Quatuors de Chostakovitch (cd 30-34). Parmi les premiers romantiques, citons l’exceptionnel relief de leurs Schubert (D804, D810 …), la lumière des Mendelssohn (avec l’Octuor); la souplesse liquide des Schumann (n°3 opus 41/3 et le Quintette pour piano); … Tout cela prélude à l’acuité d’une sensibilité portée et inspirée par les derniers romantiques (évidemment Brahms) et les écritures du XXè que l’on a citées, auxquelles s’associent Webern (Quatuors et Trios, cd19), Berg (Suite lyrique, cd51), tout un cycle d’auteurs à l’œuvre restreinte voire unique (mais si géniale) : Tchaikovsky, Borodine, les français (trop rares) Ravel, Debussy, Nielsen, Sibelius, Martinu, Grieg… Ce legs postromantiques et moderne est idéalement complété par les incursions plus contemporaines chez Harbison, Wernick, Schuller, Ives… les 52 cd composent une rétrospective magistrale qui démontre une logique artistique, une éloquente maturité sonore. Incontournable. CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd Deutsche Grammophon 00289 479 5982 GB52). Parution : juin 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS

Jefopera

19 juin

Vienne au Festival de Saint-Denis

Le Festival de Saint-Denis se termine en beauté avec un concert très viennois de l'Orchestre de Chambre de Lausanne mené de main de maître par le jeune chef Joshua Weilerstein.   En soliste, Adam Laloum, qui est déjà venu à Saint-Denis en 2013 pour un programme violon et piano. Le pianiste toulousain n'est plus à présenter. Vainqueur du concours Clara Haskil de 2009, il se produit aujourd'hui dans le monde entier, seul, en formation de chambre ou en concertiste. Notons d'ailleurs qu'il sera de nouveau à Paris, le mois prochain, à Bagatelle. Il a publié plusieurs enregistrements très remarqués, l'un consacré à Brahms, l'autre à Schumann, le troisième, avec l'altiste Lise Berthaud, pour les sonates de Schubert et de Brahms.   Le concert commença par la 98ème symphonie de Haydn, partition assez grave, d'une très grande maîtrise d'écriture, dont le second mouvement s'ouvre sur les premières notes du God save the King. Au-delà de ce clin d'oeil au public londonien à qui la symphonie était destinée, le musicologue britannique Donal Tovey a vu dans cette page une sorte de Requiem pour Mozart, dont Haydn, quand il composa l'oeuvre, venait d'apprendre la mort. On remarque ainsi dans ce superbe adagio une quasi citation de l'andante de la Symphonie Jupiter. Très tourmenté, faisant appel à une écriture contrapuntique très soutenue, le développement du mouvement traduit surtout l'immense tristesse qu'éprouva Haydn quand il apprit le décès de celui pour lequel il éprouvait autant d'affection que d'admiration.   Suivit le célèbre 23ème concerto, dont Laloum donna une lecture d'une très grande sensibilité, toute en finesse, en musicalité et en émotion. Et je me dis que ce n'est pas un hasard si le concours qu'il a remporté en 2009 porte le nom de Clara Haskil. Le pianiste offrît en bis deux morceaux de Schubert, l'air russe en fa mineur (3ème des Moments musicaux) et le poignant andante de la sonate D664 -qui est une pure merveille.   Le concert s'est terminé par la 38ème symphonie Prague, l'une des plus belles de Mozart. Des tonnerres d'applaudissements, de nombreux rappels pour ce moment fort du Festival qui a encore une fois tenu toutes ses promesses.   




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14 juin

ORCHESTRES. Le Concert de la Loge… ne sera pas olympique

ORCHESTRES. La Loge… ne sera pas olympique. Pas facile de défendre l’identité d’un orchestre. C’est la dure expérience à laquelle est confrontée depuis des mois, le nouvel orchestre sur instruments anciens, Le Concert de la Loge…, créé par le violoniste Julien Chauvin – ex co fondateur de l’Orchestre également sur instruments anciens, Le Cercle de l’Harmonie. Après plusieurs échanges via avocats interposés, le nom même de « Loge Olympique », pourtant accrédité dans l’Histoire, en lien avec l’une des aventures le plus passionnantes du symphonisme français à l’époque des Lumières, n’est pas « légal », car concurrençant directement l’autorité officielle de l’Olympisme athlétique, dont l’activité n’a pourtant rien à voir… On souhaite cependant longue vie à l’orchestre de Julien Chauvin qui néanmoins à travers ces péripéties juridiques, aura retenu l’attention et se sera taillé une certaine notoriété au moment de son lancement et de ses premiers concerts… Longue vie et plein de réussite aux concerts de l’Orchestre de la Loge. Voici le communiqué de presse diffusé par l’Orchestre de la Loge : Le Concert de la Loge Olympique contraint de changer son nom Après des semaines d’attente et d’échanges entre avocats, il apparaît que le CNOSF ne donnera pas l’autorisation à l’orchestre fondé par Julien Chauvin en 2015 d’utiliser l’appellation « Le Concert de la loge Olympique ». Si cette nouvelle reste affligeante et arbitraire, l’orchestre a décidé de ne pas prendre d’initiative qui pourrait le mener à un procès dont il n’aurait ni les moyens financiers, ni le temps à consacrer sans se détourner de la priorité que représente ses activités musicales. L’orchestre le Concert de la Loge Olympique n’a jamais été un « concurrent » du CNOSF et on voit mal comment il aurait pu tirer profit de la notoriété des Jeux Olympiques pour se produire dans des salles de concerts et des festivals dédiés à la musique classique. Un accord entre personnes de bonne volonté avait été espéré et ce dans le respect de la charte Olympique qui promeut notamment : « la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play », mais également dans la tradition « antique » des Jeux où le sport cohabitait avec les épreuves artistiques de théâtre, de poésie, de chant et de musique…. L’usage exclusif d’une marque, dont un procès aurait pu arbitrer le caractère abusif ou légitime, ne peut empêcher qu’un chaînon de l’Histoire musicale française revive. Julien Chauvin a donc décidé d’amputer le nom de son orchestre, qui devient : « Le Concert de la Loge » et garde ainsi la référence explicite au Concert de la Loge Olympique, formation illustre créée en 1783. L’ensemble se démarque du paysage musical et ce, notamment, par la force d’un projet inédit qui s’emploie à faire revivre les usages musicaux de la fin du XVIIIe autour de l’intégrale des six Symphonies Parisiennes de Haydn, qui sera présentée et enregistrée dans les formats des concerts de l’époque aux côtés de partenaires historiques tels que le Louvre. Il est également engagé dans la redécouverte d’œuvres oubliées de la musique française et présentera la saison prochaine deux recréations : Chimène ou le Cid de Sacchini et Phèdre de Lemoyne. Sans que la raison et la culture triomphent et sans pouvoir conserver son nom historique, Le Concert de la Loge s’emploiera à faire rayonner le patrimoine musical qu’il défend et fait revivre. « L’important n’est pas de gagner, mais de… jouer ! » fin du communiqué diffusé par Le Concert de la Loge, reçu ce mardi 14 juin 2016. VISITER le site du Concert de la Loge



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11 juin

CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA).

CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA). COFFRET SUPERLATIF. Le coffret de cette intégrale du Haydn symphoniste est tout simplement superlatif. Le corpus récapitule l’apport grandiose et incontournable de Joseph Haydn (1732-1809), père génial du Quatuor et surtout de la Symphonie, dont il fait des standards, emblèmes de la société civilisée et philosophique à l’époque de la Révolution française. Pénétrée par l’esprit des Lumières, la centaine de Symphonies ainsi réestimées, – corpus dont nous suivons l’évolution majeure, depuis les années 1750, jusqu’aux accomplissements des années 1790, quand Joseph compose des partitions applaudies et vénérées à Londres et à Paris, dans toute l’Europe-, est une somme orchestrale qui permet d’atteindre un âge d’or formel, copié après lui par tous les grands romantiques, y compris Beethoven… et Mozart, le premier d’entre tous. Soit une intégrale en 107 symphonies ; le sujet intéresse les tenants de la révolution musicale sur instruments anciens ; l’équivalent de ce que fait aujourd’hui un Jérémie Rhorer pour les opéras de Mozart (comme le démontre et le confirme son récent live parisien de l’Enlèvement au Sérail, édité chez Alpha, ce mois ci : lire la critique de l’Enlèvement au Sérail de Mozart par Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie… Des anciens, Hogwood et Brüggen à présent décédés, à aujourd’hui Dantone et donc Rhorer, la vitalité expressive des instruments d’époque retrouve le format et l’esthétique original, pas encore (et jamais originelle : qui peut savoir ? Et techniquement cela reste impossible…), mais un nouveau spectre sonore, une nouvelle palette de couleurs et d’accents révolutionnent totalement notre compréhension profonde des oeuvres. Ainsi s’agissant des Symphonies de Haydn, les grands chefs se retrouvent, confrontés chacun à la fantaisie souvent ahurissante, voire expérimentale de Joseph Haydn, depuis son service chez le Comte Morzin puis pour les princes Esterhazy à Esterhaza… Une matière complexe, exigeant un savoir faire, un lacher prise, une inventivité exceptionnellement développée et une souplesse de ton qui révèlent ainsi les meilleurs interprètes… A Hogwood et son Academy of Ancient Music revient dès le début des années 1980 (1984 précisément pour les 100 et 104, puis 1985 pour le 96, soit les plus récentes dans le catalogue mais les anciennes quant aux dates d’enregistrement), pour le label l’Oiseau Lyre / Decca à l’époque, – plus proches de nous, au cours des années 1990: les Symphonies A, B, 1 à 25, 27-34, 36, 17, 40, 53-57 ; en 2000 et 2005, 60-64, 66-77 ; A l’immense Frans Brüggen revient deux cycles : l’un avec l’Orchestra of the Age of Enlightenment : soit les 19 “Sturm und Drang” (jalon primordial pour l’expression emblématique de ce courant esthétique entre Baroque et Romantisme), 26, 35, 38, 39, 41-52, 58, 59 et 65 ; le second avec l’Orchestra of the Eighteenth Century pour les Symphonies au style européen, emblématique de ce goût des Lumières : et qui témoignent surtout de la diffusion exceptionnelle voire inédite d’un Symphoniste en Europe : les 6 “Paris” 82-87 ; les 88-92; La concertante London n°12, enfin les dernières : 93-104. Le chef enregistre ses premières Symphonies à Utrecht (n°90, live) dès 1984), puis à 1986 (93) et 1987 (103); puis complète son cycle à Londres, Paris (Symphonies parisiennes, cité de la musique, 1996)… de 1994 à 1997. En fin au plus jeune, cadet des deux précédents : Ottavio Dantone, dont le tempérament latin apporte une conception renouvelée de la ciselure expressive et poétique : Symphonies 78-81, particulièrement appréciée par la Rédaction cd de classiquenews, enregistrées en juin, juillet et septembre 2015 en Italie (Bagnacavallo). Le projet Decca marque l’écoute en ce qu’il réunit 3 tempéraments d’exception, 3 chefs de première importance qui composent aussi les jalons de l’interprétation des orchestres sur instruments d’époque : où l’éloquence nouvelle des couleurs d’époque dans leur format d’origine redéfinit l’équilibre global, l’esthétique expressive et poétique, dévoile surtout sur le plan du style et des idées, la vision du chef. Solaire, ou Apollinien, parfois distancié et comme en dehors de la matière palpitante et humaine du chant haydnien, le Britannique Christopher Hogwood dont le geste a marqué avant tous les autres, l’approche historiquement informée des Symphonies de Haydn, avec un orchestre au format idéal, en impose par son souverain équilibre, une éloquence lisse, parfaite, sans aspérités ni tensions contradictoires… pour autant captivante sur le long terme ? De leurs côtés, et finalement de la même école, – alliant la souplesse et la vivacité coûte que coûte, les frémissants Hans Brüggen et l’espiègle, très imaginatif et plus récent, cadet des trois, Ottavio Dantone, saisit par leur subtilité expressive, un travail remarquablement caractérisé, qui n’hésite pas à rapprocher toutes les symphonies dans chacune de leur séquence, … de l’opéra. Opéras pour instruments, voilà une conception qui prévaut chez chacun d’eux. Que vaut l’écoute de quelques cd étalons, pris à la volée et presque en aveugle ? Que révèlent-ils de chacun des maestros ? Hogwood, Brüggen, Dantone… 3 chefs viscéralement haydniens HANS BRÜGGEN, le poète vif-argent. Noblesse passionnante, et triomphe sous jacente des idées des Lumières, les Symphonies 90, 91 et 92 de 1788 et 1789 illuminent par l’effet d’une puissante certitude qui s’exprime essentiellement par le feu d’un orchestre suractif et aussi instrumentalement caractérisé : ce triplet, dont le finale est l’éloquence vive et loquace de la Symphonie “Oxford” est l’une des plus mozartiennes de Haydn : une jubilation permanente qui est portée par un sourire lumineux, crépitant, d’une justesse humaine, souvent enthousiasmante. Ne serait-ce que pour ce seul cd, le geste vif, souple d’un Brüggen admirable de vivacité convainc et surprend par son allure tendre et déterminé : du nerf et de la douceur tour à tour. Un modèle d’équilibre et une claire conscience des couleurs de chaque instruments d’époque. Même aboutissement avec le cd 33 : la n°96 à juste titre intitulée “Miracle” : grandeur solaire et pourtant très expressive, en particulier dans le sens de l’articulation instrumentale (hautbois dans le Menuetto) ; flûte mordante incisive du Finale noté Vivace assai : vitalité malicieuse, grandeur nimbé de lueurs préromantiques propres au début des années 1790 (1791) ; facétie “Militaire” qui devient feu crépitant et ronde urbaine civilisée pour la n°100 en sol majeur : au dessin instrumental virevoltant : Brüggen s’y montre fabuleusement espiègle, totalement convaincant avec son orchestre du XVIIIè siècle. CHRISTOPHER HOGWOOD, solaire et apollinien,… trop parfait ? La mécanique Hogwood est d’un équilibre parfait, parfois trop distanciée, et donc un rien trop huilée, sans vrai nécessité. Propre aux années dorées du support cd, soit les années 1980, le geste, s’il tourne parfois à l’exercice systématisé (excès de la demande marketing?), d’une rare exigence philologique du chef britannique fouille le legs haydnien dans ses moindres détails : au point de présenter par exemple : la Symphonie n°54 dans ses deux versions (cd 16) : c’est un travail exigeant et jusqu’au boutiste qui souhaite comprendre de l’intérieur la fabrique du Haydn symphoniste. Versions diverses où le magicien sorcier de la matière symphonique régorganise l’ordre des mouvements, cherchant dans une expérimentation continuelle la meilleure formule : bousculant les premiers standards pour choisir en définitive, deux adagios tout d’abord, auxquels succèdent le Menuet et le Presto final. Peu à peu les idées se précisent et s’organisent; de l’émergence première à l’organisation du discours : l’acuité et la probité de l’entreprise convainquent tout à fait ; et l’on comprend que pour permettre aux Brüggen et Dantone de poursuivre dans cette voie décisive, en provenance d’Angleterre, il a fallu qu’un Hogwood ouvre la voie et prépare aux audaces suivantes. Ce cd 16 résume à lui seul toute la pertinence de la vision Hogwood. De séquence en épisode, chacun idéalement caractérisé, se dessine et la justesse de l’interprète, et la bouillonnante activité créatrice du compositeur (ici, en 1774 : au carrefour du baroque et du préromantisme…). Dans une autre acoustique, plus proche, chambriste et mordante par son acuité instrumentale, la transposition des Symphonies 94 ” “, 100 “Militaire”, 104 “Londres”, signée Salomon, transcripteur et agent à Londres de Haydn, toujours soucieux de diffuser sa musique, y compris dans des arrangements pour quelques instruments (pianoforte, flûte et quatuor à cordes ; ultime avatar du rayonnement des œuvres de Haydn ainsi diffusées à Londres en 1791, 1793, 94 et 95. Là aussi la curiosité de Hogwood et ses solistes de l’Academy of Ancient Music. LE MIRACLE DANTONE. Quel sens du contraste chez Ottavio Dantone dont l’allegro spirituoso de la Symphonie 80, pleine de rebondissements et contrastes dramatiques, dévoile cette fièvre et ce débridé élégantissime si absent chez les Britaniques. L’Accademia Bizantina fait miracle de chaque trait instrumental, chaque pause, négociant aussi les silences, restituant à une musique courtoise et civilisée, prise de façon trop artificielle ou donc mécanique ailleurs, regorge de vitalité simple, de nerf franc, de santé première : un miracle de jaillissement impétueux, cependant idéalement canalisé par ses intentions, son style, sa claire élocution. De toute évidence, Dantone a clairement choisi le feu scintillant d’un Brüggen plutôt que la Rolls routinière Hogwood. Le sens des dynamiques, la balance sonore globale, l’équilibre des couleurs et des timbres par pupitre relèvent d’une direction miraculeuse. Jamais ici le chambrisme des cordes, propre à l’orchestre de chambre ne sacrifie l’éclat millimétré des accents de chaque instruments. C’est bien le propre des instruments d’époque que d’affirmer une carte des identités sonores nouvelles, plus intenses, pleine de caractère, certes moins globalement puissante, mais plus finement caractérisée. Ce dosage, cette alchimie sont parfaitement comprises et exploités par Dantone (la ligne de la flûte au dessus de cordes dans l’Adagio de la même n°80 de 1784) : miracle d’inventivité, d’un nerf pulsionnel Strum und Drang ; mais aussi d’un raffinement de teintes et de couleurs d’une perfection allusive phénoménale. Ottavio Dantone relève haut la main par sa très grande sensibilité : chaque éclair dramatique est revitalisé, dans une vision globale énergique qui saisit chaque contraste sans en gommer un seul : une délicatesse jamais maniérée qui enchante et s’enivre dans la nervosité sanguine Sturm und Drang de l’Allegro ; la suprême lumière intérieure de l’Adagio, le movement le plus long, résolument par ses teintes et son caractère plus introspectif, moins noble que nostalgique : Empfindsamkeit. Ce dont le chef et son orchestre sont capables d’un épisode à l’autre est stupéfiant de vitalité, d’expressivité fine et ciselée, de couleurs… L’on avait jamais écouté avant lui tant d’arguments, de récits opposés, associés, accordés : l’imagination du maestro inspiré (magicien par ses idées innombrables) rend le plus hommage à Haydn. C’est fluide, allant, naturel et aussi d’une fantaisie espiègle souvent absente de ses prédécesseurs. Alors oui, la compréhension de l’Accademia Bizantina affirme aujourd’hui, ce miracle sonore et expressif que seul apporte un orchestre d’instruments anciens. Comme affûtées, mordantes, presque acides mais d’une ductilité là encore frémissante (parfaitement accordées à l’esthétique scintillante et surexpressive, très empfindsamkeit, les Symphonies du cd 24, plus tardives (n°78 et 79), harmoniquement plus tendue s’imposent tout autant, avec une gestion dramatique saisissante (tension/détente du Vivace introductif de la 78), d’autant que Dantone semble ciseler le moindre accent, dévoilant la subtile et souvent imprévisible texture, souvent rugueuse et métallique aux couleurs particulièrement changeantes : véritables éclairs aux cors, caquetage des bois, permanente fantaisie, et parfois délirante ivresse (excellent Menuetto de la 78). Trois maîtres de la baguette pour une intégrale musicalement irrésistible et très éloquente se révèlent dans ce coffret majeur. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2016. CD, compte rendu critique, coffret événement. HAYDN : intégrale des 107 Symphonies sur instruments anciens : Brüggen, Hogwood, Dantone (35 cd DECCA

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6 juin

CAMBRAI, festival Juventus, les 1er et 2 juillet 2016

CAMBRAI, festival Juventus, les 1er et 2 juillet 2016. Même en pleine turbulences dues à des tensions et inimitiés locales, internes à son organisation, le premier Festival musical à Cambrai a bien lieu en 2016, sur 2 jours : les 1er et 2 juillet 2016. Depuis 25 ans, Juventus et Georges Gara mettent sur le devant de la scène les jeunes solistes européens les plus prometteurs ou à fort tempérament ; Juventus c’est une scène expérimentale où les sensibilités les plus diverses et les mieux trempées se révèlent. Les nouveaux lauréats sont entourés par les anciens, mentors ainsi approchés et cotoyés pour favoriser l’envol des jeunes tempéraments musiciens. Les 1er et 2 juillet 2016 Juventus 2016 à Cambrai, 2 journées exceptionnelles En visionnaire, détecteurs de talents, Georges Gara faisait déjà venir à la Saline Royale d’Arc et Senans en 1991, les très jeunes Alexandre Tharaud, Xavier Philips, Aleksandar Madzar ; en 1992, Marc Coppey, Adreas Scholl, Laurent Lefèvre leur succédaient… Et ainsi de suite pendant toutes ces années : l’histoire s’est écrite ensuite à Cambrai à travers le festival Juventus, c’est à dire “jeunesse” (25 ans du Festival, 19 ans à Cambrai, en 2015). En 25 ans, Juventus a réuni 106 lauréats venant de 26 pays européens, il a rouvert le Théâtre de Cambrai, il a présenté 35 créations mondiales et 34 premières auditions en France, sans omettre la présence régulière des grands medias européens de musique classique (France Musique, Radio Classique, la belge Musiq3…), assurant désormais une notoriété légitime. “Juventus a fait monter Cambrai sur la scène musicale européenne !” précise le communiqué de presse que CLASSIQUENEWS a reçu. La ville doit au Festival Juventus, à son discernement artistique qui n’a cessé de distinguer les jeunes musiciens les plus prometteurs, un nouveau rayonnement musical et artistique depuis son implantation. En dépit des tensions internes, Juventus, soutenu par la Mairie, maintient en juillet 2016, coûte que coûte son activité pour l’exceptionnel musical et le partage vers les publics, grâce à deux journées incontournables, à Cambrai, les 1er et 2 juillet prochains. En solidarité avec le travail unique en Europe de son directeur artistique, Georges Gara, le pianiste, révélé à Juventus, Alexandre Tharaud a cosigné une lettre de soutien, avec de nombreux autres solistes, ainsi encouragés, dévoilés, distingués. Les 1er et 2 juillet 2016, Juventus propose à son fidèle public cambrésien deux journées exceptionnelles (à la place des 13 concerts/programmes habituels conçus les années précédentes) : soit 2 concerts, plusieurs rencontres, de nombreuses répétitions publiques permettant aux festivaliers de découvrir et suivre de l’intérieur l’interprétation des oeuvres par les jeunes apprentis pilotés par leurs aînés pédagogues… Le 1er juillet à la Grange Dimière : Rencontre débat avec le pianiste Frédéric Vaysse-Knitter et Georges Gara (11h), répétition publique du concert du lendemain (musique de chambre avec les jeunes solistes lauréats de Juventus, à 17h. Le 2 juillet au Théâtre à 17h : récital du pianiste Frédéric Vaysse-Knitter. A 20h, même lieu, concert de musique de chambre par les solistes lauréats du Festival Juventus INFOS / RÉSERVATIONS : Office du Tourisme de Cambrai : 03 27 78 36 15 Site de l’Association Juventus Europe : www.music-juventus-europe.com Programme Juventus 2016 2 JOURNÉES EXCEPTIONNELLES “JUVENTUS” À CAMBRAI Vendredi 1er juillet 2016 11h – GRANGE DIMIERE Rencontre avec le pianiste FRÉDÉRIC VAYSSE-KNITTER et GEORGES GARA, directeur artistique et fondateur de Juventus 17h – GRANGE DIMIERE Répétition Publique du concert du 2 juillet. Samedi 2 juillet 2016 Concerts enregistrés par France Musique Avec les musiciens : LIANA GOURDJIA, violon (lauréate 2008) GRAF MOURJA, violon (lauréat 1994) NATHAN BRAUDE, alto (lauréat 2008) LÉA HENNINO, alto – HERMINE HORIOT, violoncelle (lauréate 2012) ALEXEY STADLER, violoncelle (lauréat 2014)RONALD VAN SAPENDONCK, clarinette (lauréat 1991) FÉLIX DERVAUX, cor (lauréat 2015) FRÉDÉRIC VAYSSE-KNITTER, piano (lauréat 2002) - FERENC VIZI, piano (lauréat 1995) 17h – THÉÂTRE Récital de piano Une heure avec FRÉDÉRIC VAYSSE-KNITTER, piano HAYDN : Sonate en mi bémol majeur, Hob XVI/52 CHOPIN : Nocturne en do mineur, op. 48 n° 1 DEBUSSY : Images, 1er Cahier LISZT : La Vallée d’Oberman 20h – THÉÂTRE Musique de chambre HINDEMITH : Sonate pour cor et piano, en mi bémol MOZART : Quatuor n° 1 pour piano et cordes BOULEZ : 12 Notations pour piano TCHAÏKOVSKI : Souvenir de Florence – sextuor à cordes Instrumentalistes lauréats du Festival Juventus

Joseph Haydn
(1732 – 1809)

Joseph Haydn (31 mars 1732 - 31 mai 1809), est un compositeur autrichien. Il incarne le classicisme viennois au même titre que Mozart et Beethoven, les trois compositeurs étant regroupés par la postérité sous le vocable de « trinité ». La carrière musicale de Joseph Haydn couvre toute la période allant de la fin du baroque aux débuts du romantisme. Il est à la fois le pont et le moteur qui a permis à cette évolution de s'accomplir. L'image du « papa Haydn » ne vient pas des titres de « père de la symphonie » ou « père du quatuor à cordes » généreusement décernés au XIXe siècle et même de nos jours. La création de ces genres relève d'une genèse un peu plus complexe, mais Haydn a très largement contribué à leur émergence et leur consolidation. Deux de ses frères furent également des musiciens : Michael (1737-1806) également compositeur et collègue de Mozart à Salzbourg, et Johann Evangelist (1743-1805), ténor.



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